Un texte d'André Cicollela, responsable de la commission santé des Verts. Auteur du Défi des épidémies modernes. Comment sauver la Sécu en changeant le système de santé, éditions La Découverte, publié dans Libération.
Voir aussi à propos d'André Cicollela ce passionnant article sur le cancer du pressing parue dans rue89.
La crise de l'assurance maladie est avant tout une crise sanitaire
Avec ses propositions d'instauration d'une TVA sociale et d'un système de franchises, le candidat Sarkozy a le mérite de faire de l'assurance maladie une question majeure. Les derniers chiffres du déficit sur 2006 (5,9 milliards d'euros) montrent l'échec de la réforme de 2004, annoncée pourtant comme devant permettre le retour de l'équilibre en 2007. Ils vont s'ajouter à la dette déjà accumulée de 102 milliards et dont le remboursement est aujourd'hui renvoyé sur les générations futures (jusqu'à 2024).
Cette situation jamais vue d'un système de protection sociale finançant à crédit son fonctionnement montre l'impasse dans laquelle nous sommes et l'urgence de changer de logique. Mais on observera que le président Sarkozy ne veut pas changer véritablement de logique. La TVA sociale mettrait un terme au mode de financement actuel basé sur la CSG et les cotisations sociales patronales. Quant aux franchises, elles seraient fixées en fonction des déficits. Dans les deux cas, c'est le consommateur et l'assuré, c'est-à-dire le citoyen, qui paiera. Là est la «nouveauté» : un nouvel allègement de charges pour le patronat... En aucun cas, l'objectif n'est de maîtriser les dépenses de santé. En jugeant au contraire leur accroissement inéluctable à cause du vieillissement et du coût du progrès médical, Nicolas Sarkozy exprime, sans surprise, une convergence de vue avec l'industrie pharmaceutique qui mène campagne pour une augmentation de ces dépenses à + 2 % au-dessus du PIB.
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